France Culture, la destruction programmée d’une université populaire

Créée dans l’immédiat après-guerre sur un projet du Conseil national de la résistance, la chaîne culturelle de la radio française, appelée jusqu’en 1958 France III ou Programme national, se voulait un véritable organe d’éducation populaire dont la mission était de mettre à la portée de tous l’ensemble des connaissance et les grands chefs d’oeuvre artistiques. Le compositeur et ancien résistant, Henry Barraud, en fut le premier directeur jusqu’en 1965. Cette mission fut remplie et le public se souvient encore de la place accordée à la musique et à la poésie, ainsi que de certaines émissions, comme les Chemins de la connaissance, longtemps émission phare de France Culture.
Patrick Broguière instruit le procès de ceux qui, depuis 1995 surtout, sont à la tête de l’institution et dont la mission semble être de « casser » la structure qui a permis l’épanouissement de grands hommes de radio, producteurs et ingénieurs du son. Une période de casse intense a été la direction de Laure Adler (1999-20005), en rupture avec deux principes constitutifs de la radio: les producteurs tournants et le différé, garantissant l’objectivité des émissions, leur sérieux et leur qualité esthétique. On préfère désormais le direct… avec intervention des auditeurs, chacun y allant de sa petite tranche de vie, genre radio pipelette… France culture a même été la vache à lait de la dame, qui cumulait plusieurs casquettes et… plusieurs salaires. Sans parler des tranches d’émissions allouées à des racistes comme Finkielkraut.