MAYER Arno J., De leurs socs, ils ont forgé des glaives. Histoire critique d’Israël.

Arno Mayer, dont le père fut un militant sioniste actif, se considère comme un « Juif non juif  » et élabore son histoire d’Israël, en s’appuyant sur les premiers critiques internes du sionisme politique, Ahad Haam, Martin Buber et Judah Magnes, ainsi qu’en faisant de l’histoire du sionisme et d’Israël une sorte de microcosme de l’histoire mondiale, de la Première Guerre mondiale au renouveau islamique en passant par l’effondrement de l’Empire ottoman ou l’importance persistante de la connexion pétrolière.

Il souligne le poids que le « judéocide » nazi fait peser sur la représentation d’Israël, « le passé infiniment manipulable » faussant tout approche scientifique.
Il rappelle la violence fondatrice bien antérieure au judéocide, violence clairement exprimée par Jacobinsky, fondateur du Betar, dans son livre de 1923, Mur d’acier, dont les dirigeants israéliens successifs ont peu ou prou repris le canon principal selon lequel seule la force armée permettra à Israël de réaliser son objectif qui est la souveraineté sur la totalité de la Palestine.
C’est effectivement la suprématie militaire, diplomatique et économique absolue qui lui permet d’occuper aujourd’hui 78% du territoire palestinien.

En perdant de vue le légitime désir d’autodétermination des Arabes de Palestine, en perdant le sentiment des limites, le militarisme forcené de l’État ne serait-il pas le pire ennemi d’Israël.