Survivre à Gaza
Propos recueillis par Christophe Oberlin et Jacques-Marie Bourget
Pour la première fois un Palestinien, qui n’est ni un
combattant ni un responsable politique, raconte l’histoire de
sa famille. Il le fait avec une lucidité exceptionnelle. Nous allons de la Palestine tranquille, celle des champs d’orangers que l’on irrigue le soir, à la Palestine déchirée, de feu et de sang.
L’auteur décrit d’abord l’exil intérieur, celui imposé aux
siens par les milices juives en 1947 lors de la création d’Israël.
Il rapporte les récits de l’exode entendus de la bouche des réfugiés,
puis son propre témoignage prend le relais. Au sein de son peuple, où le temps de l’adolescence n’existe pas, dès l’âge de huit ans Mohamed al-Rantissi devient un témoin de l’histoire des Palestiniens et plus particulièrement de celle de Gaza, montrant comment on peut survivre
en enfer et devenir médecin sur une terre sans université.
Revit ici Abdelaziz al-Rantissi, le frère de l’auteur, que l’on
voit évoluer de la laïcité à la « solution » religieuse. Et fonder
le Hamas auquel il donnera une audience internationale,
avant d’être assassiné. On voit la « montée » du mouvement
islamique et la répression israélienne qui l’accompagne. Les
événements rapportés, avec des mots simples mais forts, jusqu’à
la sanglante attaque de Gaza en janvier 2009, permettent
enfin de comprendre cette histoire récente et peut-être les solutions
de demain.
MOHAMED AL-RANTISSI est un chirurgien orthopédiste
palestinien, âgé aujourd’hui de cinquante ans. En 1947 sa
famille a été contrainte de fuir les milices des organisations
combattantes juives. Né à Gaza dans un camp de réfugiés,
il a étudié en Syrie, au Bangladesh, en Irak et en France et
dirige actuellement le service de chirurgie réparatrice de l’hôpital
Nasser à Khan Younès, au sud de la bande de Gaza. Il
est le frère d’Abdelaziz al-Rantissi, cofondateur du Hamas,
assassiné par Israël en 2004.