Histoire secrète du patronat de 1945 à nos jours

Frédéric Charpier, Martine Orange et Erwan Seznec se joignent aux deux directeurs de cette Histoire secrète pour nous révéler les dessous, bréneux à gerber, du monde des affaires.

Ils s’intéressent aux principaux acteurs du capitalisme français en quatre-vingt-six articles, regroupés autour de cinq grandes périodes.

La première,  » De la collaboration à l’anticommunisme, la reconstruction du système (1945-1968) » montre comment les patrons vichyssois ont gardé les commandes contre l’acceptation du modèle social imposé par le Conseil national de la résistance, certains profitant déjà habilement des « bonnes affaires » de la République pour construire de colossales fortunes (Bouygyes, Leclerc, etc…).

La période suivante (1969-1981) voit les patrons, verts de trouille durant le mouvement social de Mai 1968, bien déterminés à faire éclater les régulations étatiques de l’après-guerre, ce à quoi les aideront activement Pompidou et Giscard d’Estaing, grâce à l’imbrication entre le capitalisme d’Etat et le monde des affaires, et grâce à la corruption: on arrose le terrain (syndicats, partis, intellectuels, etc), cela pour permettre « l’Emancipation sauvage du capitalisme français ».

« Le socialisme patronal » de la période suivante, 1981-1987, marque le triomphe idéologique des idées libérales: un gouvernement de gauche impose « la rigueur » au peuple et offre au grand capital « les privatisations ».

« La mondialisation en marche (1988-1997) », sur fond d’ouverture des marchés, de délocalisation accélérée et de dérégulation financière, fait perdre la main à l’Etat au profit des grands patrons.

« L’ère des tueurs (1988-2009) » – en 1997, Gandois président du CNPF qualifie de « tueur » son successeur Seillière- parachève le travail de liquidation de l’ Etat social et la domination du capital sur le travail et sur l’économie.

Cette mainmise de quelques-uns sur le travail et la richesse de tous repose principalement sur la triche: trafic d’influence, arnaque, escroquerie pure et simple, détournement constant des lois (rôle des conseilelrs fiscaux…), d’où les scandales politico-financiers toujours plus énaurmes (Elf, Crédit Lyonnais)…

Les patrons, avec leurs parachutes multiples, plongent rarement, et peu de temps…